marie-martine mestre

CE FOUTU MISTRAL !

Non mais quelle furie l'anime, ce vent fou à force d'être violent par bourrasques ?

Je me demande ce qui lui a pris à Eole quand il a laissé se former le mistral...Je suis bien certaine qu'en s'amplifiant de la sorte ce vent a dépassé les projets du Père des Vents !!!

Il sèche tout sur son passage, on l'appelle "le mange-boue" et les forêts s'embrasent trop facilement dans son souffle.... A cause de lui, les fleurs ont 3 fois plus soif que d'ordinaire, et moi je commence à en avoir assez de lutter contre au débouché d'une rue dans laquelle il se "rue" avec toute la sauvagerie qu'il attrape en arrivant à Valence...Mais oui, c'est chez nous qu'il commence son cirque, là où la vallée du Rhône devient le couloir rhodanien. Il peut aller à 100 ou même 120 km à l'heure, ça ne lui fait pas peur, on dirait même que ça lui plait bien ! Tant il sait s'apaiser un peu pendant 3 ou 4 minutes, pour repartir de plus belle, souffler en bourrasques subites qui tordent les arbres, font grand tapage et donnent des coups de bélier aux immeubles sur son passage...Un peu avant Valence, les vents du Nord se rassemblent, se bousculent pour passer en force dans l'étranglement du lit du Rhône encadré par les montagnes de l'Ardèche à sa droite et Du Vercors à sa gauche. Et vont sprinter comme des enragés jusque en méditerranée. Quand je dois aller en ville et que je dois traverser l'Esplanade du Champ de mars, qu'il marque 100 au compteur de la météo, il me fait presque peur, tant le souvenir est encore vif du jour de février où il m'a attrapée, plaquée contre un mur de soutènement de l'esplanade et jetée par terre...

Pourtant, je l'aime bien le vent de mon pays dont il fait l'une des caractéristiques...J'aime imaginer ce qu'il transporte avec lui sur l'aile de ses joyeuses férocités, des échos de voix, de parfums de petits plats bien mijotés, de chansons surprises à la radio par les fenêtres ouvertes, des fragrances de fleurs caressées au passage, des odeurs secrètes cueillies sous les jupes, au bord des rivières ou dans les fôrets...Au moins la vie n'est pas moisissures quand il se démène ! Il me manque quand il ne souffle pas en été, ou qu'il laisse la place au vent du Sud... Une lessive à étendre ? chic, le mistral va parfaitement repasser mon linge en le séchant en quelques bouffées réchauffées par le soleil ! Il a l'art de rafraichir l'ombre sous les arbres pour permettre un bonne petite sieste délassante, ou une soirée apaisant la peau surchauffée avant d'aller dormir...

Au port de l' Epervière, les voiles des bateaux manifestent leur contentement en gonflant à bloc, les planchistes se régalent de filer aussi vite sur les vaguelettes des eaux du Rhône...

Je sens qu'écrire ma colère de le voir aussi violent depuis des jours me permet de l'exorciser, justement... Bon, je vais pouvoir aller au jardin planter d'autres fleurs pour remplacer celles qu'il a séchées...

 



25/05/2015
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