marie-martine mestre

RAJOUTER DU SOLEIL AU SOLEIL

Tout le monde avait l'air plutôt morose sur le marché, les paraluies s'entrechoquaient devant les étalages et personne ne s'attardait pour papoter un peu ni sacrifier au rituel du samedi : on achète du saucisson, des olives, du bon pain et l'on s'installe en terrasse des nombreux cafés qui entourent la place...Ce matin, vite on retourne à l'abri bien chaud de la maison ! Dans la petite rue, deux hommes, la cinquantaine, cheveux noirs et teint mat, sont assis sur des sacs de toile dans le renfoncement d'un magasin. Devant eux une sébile ...Les guitarres se taisent une minute ou deux, ils se consultent du regard... l'un se met à chanter, sa voix est tellement belle, les mains volent sur les cordes... Oh ! je reconnais !  "de su querida presencia... Ché Guevarra...." Et je me mets à chantonner, comme d'autres passants...La pluie est oubliée, ces deux hommes de Cuba viennent d'inonder la rue de nostalgie souriante, ensoleillée...

Dans l'après-midi, chez des amis,  je commençais à me demander si une bienveillante main céleste allait enfin tirer ce rideau de pluie continuelle....Jibé gratouillait sur un Ukulélé sans trop de conviction... Trop nostalgique la musique de Tahiti... Il attrape sa basse... mais non, ça ne le fait pas. Je ne cesse de regarder cette pluie imperturbable... Il avise sa guitarre, quelques accords, un peu flamenco... Et tout à coup de sa voix d'italien, chaude et rauque, je l'entends commencer le refrain de cette chanson qui a été sur toutes les lèvres "Volare Ho Ho, Cantare Ho ho, Nel blu blu dipinta di blu Felice di stare lassù..."  La cuisine en était toute lumineuse, la pluie s'est mise à chanter en gouttes de soleil pour le coeur, comme ce matin !!!

samedi 18 mai



19/05/2013
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